Vous avez commencé un premier jet, plein d’enthousiasme, et vous voici bloqués en cours de route. Ou bien, vous avez terminé ce premier jet, mais vous réalisez qu’il est bancal et vous ne savez plus par quel bout le prendre.
Impossible d’aligner deux phrases, et la pulsion de jeter l’ordinateur par la fenêtre vous guette.
« Fermez cette fenêtre ! « 
Image par Lukas Bieri de Pixabay
Je ne vous promet pas la réponse idéale à tous vos problèmes, mais vous trouverez dans cet article des outils qui fonctionnent pour moi. Avec un peu de chance, certains d’entre eux vous aideront à traverser cette passe compliquée.

La confiance

Vous lisez partout que vous auriez dû commencer par un scénario, un plan, des fiches personnages, une carte du monde, une bible de votre univers et que sais-je encore….
Et vous culpabilisez parce que vous n’avez rien de tout cela, ou parce que vous avez dévié du scénario prévu, ou parce que ce qui marchait dans votre tête ne fonctionne plus au moment de l’écrire. Vous pensez peut-être que vous n’êtes pas un vrai auteur. Vous avez peur parce que vous ne faites pas les choses dans l’ordre et que ce roman écrit de travers ne tiendra pas debout. 
Ayez confiance. Laissez votre inconscient et votre créativité vous surprendre. Ce n’est pas grave si vos personnages sortent des sentiers balisés. Croyez en vous, en votre capacité d’adaptation et de correction.

L'énergie

Si vous êtes fatigués, comme nous le sommes tous au quotidien, il faut parfois faire l’effort de travailler sur ses textes malgré tout.
Image par Wokandapix de Pixabay
Toutefois, si vous ne tenez plus devant l’écran, si l’ordinateur vous tombe des mains, éteignez-le et dormez. Aucune technique ne compense un esprit harassé.
Si vous êtes épuisés, émotionnellement vidés, reposez-vous. 
Marchez, lisez, jouez, tricotez, tout ce qui vous permet de recharger vos batteries. 
Arrêtez-vous deux semaines, ou un mois, et voyez si l’écriture vous manque. Attendez que l’envie et l’énergie se réveillent. 
Spoiler : si vous aimez l’écriture, elle vous reviendra.

Attention aux réécritures

Je vous recommande de ne pas vous lancer trop vite dans une réécriture. Il est tentant de se dire « j’efface tout et je recommence », mais ce ne sera pas plus facile la prochaine fois. Vous risquez de tout replanifier, dévier du plan lors de l’écriture, bloquer encore, vous décourager… Ne prenez pas l’habitude de succomber au syndrome de l’objet brillant, qui consiste à abandonner un projet de roman dès qu’une nouvelle idée se présente (Aodez S. Bora en parle très bien par ici). 
Surtout, n’écoutez pas ceux qui disent : « tu n’iras pas jusqu’au bout, parce que tu n’as pas bien préparé ton projet avant d’écrire. » Quand nous sommes au milieu du gué, nous n’avons pas besoin de ces pensées décourageantes. Nous avons besoin d’énergie et d’outils pour continuer à aller de l’avant.
  • Il est possible que vous n’ayez pas bien préparé ce projet, et vous vous en souviendrez pour la prochaine fois. Cela ne vous empêche pas d’aller jusqu’au bout, même si vous empruntez des détours au lieu de suivre un chemin bien balisé. 
  • Il est possible aussi que planifier un roman avant de l’écrire soit contraire à votre nature d’auteur. Ce n’est pas un problème. Bienvenue chez les jardiniers !
Image par Schäferle de Pixabay

Vos scènes préférées

Identifiez vos scènes préférées, celles qui s’écrivent facilement. Pensez aux scènes qui vous donnent envie de les écrire et vérifiez que vous êtes en train d’écrire le bon genre d’histoire :
  • Vous croyez écrire un polar mais, dans vos scènes préférées, les héros flirtent ensemble => écrivez une romance.
  • Vous croyez écrire un roman historique mais, dans vos scènes préférées, vos héros portent des épées magiques et veulent affronter des dragons => écrivez de la fantasy.

Faites en sorte que votre intrigue laisse une grande place à ces scènes et que vous puissiez en écrire beaucoup. Quand vous bloquez, rappelez-vous quelle est la dernière scène que vous avez aimé écrire. Revenez dessus.

  • Votre histoire a-t-elle bifurqué vers un genre que votre inconscient n’aime pas ?
  • Votre inconscient vous signale-t-il une incohérence dans la suite de votre scénario ?
  • Avez-vous forcé vos personnages à agir d’une façon qui ne leur ressemble pas pour faire avancer l’histoire ?

Une trame par personnage ou par thème

Pour moi, une trame c’est la liste de ce qui se passe dans votre histoire, scène par scène. Ce n’est pas un plan qui structure l’histoire par partie, par chapitre et par scène. Ce n’est pas non plus un scénario rédigé. 
Une trame n’a pas besoin d’être complète, notez juste ce que vous avez écrit et ce que vous avez éventuellement prévu pour la suite. Laissez des trous quand vous ne savez pas encore ce qui va se passer, et la trame se remplira au fur et à mesure. Ne vous obligez pas à écrire dans l’ordre et n’hésitez pas à déplacer des scènes pour améliorer la trame.
  • Faites en sorte que vos trames s’appuient sur vos scènes préférées, et que ces scènes soient centrales pour votre histoire.
  • Vérifiez la cohérence des personnages et de leur évolution (par ici pour approfondir ce sujet).
  • Faites en sorte que vos trames montrent le meilleur et le pire de vos personnages, y compris les adversaires. Faites en sorte qu’elles confrontent les personnages à leurs faiblesses.
  • Vérifiez que les personnages principaux explorent plusieurs facettes des thèmes fondateurs de votre roman (la famille, l’amitié, la guerre, la mort, la richesse, la loyauté….).
  • Vérifiez que vos trames mettent en valeur tous les aspects de votre univers : politique, magie, société, technologie, nature (par ici pour approfondir le sujet).
Image par Veronika Andrews de Pixabay

Une intrigue globale

Alternez les différentes trames pour créez votre intrigue :
  • Variez les types de scènes pour que les lecteurs ne se lassent pas (combat / aventure / dialogue / introspection, scènes familiales / professionnelles / amoureuses/ amicales).
  • Alternez les scènes de manière à créer du rythme et du suspens.
  • Réfléchissez à la structure globale de votre histoire (par ici pour approfondir ce sujet).
J’espère que ces outils vous aideront à retomber sur vos pieds et relancer votre inspiration. Comme je me lance dans l’écriture sans plan, ni préparation, ces outils me sauvent souvent. Je bloque généralement entre la moitié et les 2/3 du roman. C’est le moment de faire le point sur la matière dont je dispose, et de me baser sur le meilleur pour finir le premier jet. Ensuite, je perfectionne le tout lors de mes phases de correction.
Bloquer fait partie du processus d’écriture, et c’est important de savoir dépasser ces passages difficiles. Je pense qu’il faut savoir remettre son projet en question, sans repartir de zéro. Ayez confiance !

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